Collectivités100 % des DUERP à jour au 1er janvier 2028 : ce que demande le plan santé au travailDUERP 2028 en mairieLire le guide →
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DUERP en collectivité : tout ce que le plan santé au travail 2026-2030 demande aux mairies

Le 8 octobre 2026, l'État a présenté le plan santé au travail dans la fonction publique pour 2026-2030. Son objectif le plus visible concerne directement les mairies et les intercommunalités : 100 % des employeurs publics avec un document unique établi et à jour au 1er janvier 2028, alors qu'environ 40 à 45 % des collectivités territoriales en disposent aujourd'hui. Voici ce que le plan change, ce qui était déjà obligatoire et comment s'organiser d'ici l'échéance.

Façade en pierre d'une mairie de commune française, drapeau tricolore, agent des services techniques en gilet haute visibilité près d'un utilitaire
Services techniques, écoles, restauration scolaire, accueil : une commune réunit des métiers très différents, tous à couvrir par le document unique.

L'essentiel en 5 points

  • Objectif de l'État : un DUERP établi et actualisé chez 100 % des employeurs publics au 1er janvier 2028.
  • Le DUERP est obligatoire depuis 2001 pour les collectivités, comme pour les entreprises : risques physiques et psychosociaux.
  • Le plan demande un volet risques psychosociaux identifiable et la remontée des violences et incivilités dans le DUERP et le programme de prévention.
  • L'État publiera un modèle-type de DUERP, avec des modèles communs pour le registre santé et sécurité (RSST) et le registre de danger grave et imminent (RDGI).
  • Les risques climatiques (chaleur, intempéries) deviennent une priorité et doivent figurer dans le document unique.

01Ce que l'État a publié le 8 octobre 2026

Le plan santé au travail dans la fonction publique 2026-2030 (PST-FP) a été présenté le 8 octobre 2026 devant la formation spécialisée du Conseil commun de la fonction publique. Piloté par la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), il concerne les trois versants : État, hospitalière et territoriale, soit 5,9 millions d'agents.

Il prolonge le plan 2022-2025 et s'articule avec le plan santé au travail du secteur privé. Il compte 4 axes, 22 actions et 49 sous-actions, chacune avec un pilote, un livrable, une échéance et des indicateurs de suivi :

  1. Préserver la santé des agents face aux risques professionnels

    Risques psychosociaux, violences, usure professionnelle, accidents de service, risques émergents (climat, intelligence artificielle).

  2. Garantir l'accès à un réseau d'acteurs de prévention

    Médecine de prévention, assistants et conseillers de prévention, agents chargés de l'inspection (ACFI), formation des encadrants.

  3. Mieux connaître la santé des agents

    Outils d'évaluation des risques harmonisés, données consolidées sur les accidents et maladies professionnelles.

  4. Piloter le plan avec les représentants des agents

    Suivi associant employeurs, organisations syndicales et acteurs de la prévention.

Le plan ne crée pas de nouvelle obligation législative : il rappelle des obligations existantes, fixe des objectifs chiffrés et annonce des outils. Mais il donne une date : celle à laquelle l'État mesurera que chaque employeur public a bien fait son travail.

02Objectif 2028 : un DUERP à jour dans 100 % des collectivités

C'est l'action la plus concrète pour les communes. Le plan vise 100 % de DUERP établis et actualisés au 1er janvier 2028. L'écart à combler est important : selon les constats cités par la DGAFP et le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, seules 40 à 45 % des collectivités ont établi leur document unique.

Les freins identifiés sont connus des secrétaires de mairie et des directeurs des services : outils dispersés, mal adaptés aux métiers du service public, et un document jugé trop complexe, en particulier dans les petites communes.

Ce que l'État va fournir (à paraître)

  • un modèle standardisé de DUERP, avec des rubriques communes à tous les employeurs publics ;
  • des modèles communs pour le registre santé et sécurité au travail (RSST) et le registre de danger grave et imminent (RDGI) ;
  • un guide méthodologique et une formation, diffusés par la DGAFP ;
  • des référentiels de risques par grande famille de métiers publics, pour servir de base aux évaluations.

Ces modèles ne sont pas encore publiés. Attendre leur sortie pour commencer serait pourtant une erreur : l'évaluation des risques, le recensement des unités de travail et la consultation des agents prennent plusieurs mois. Un DUERP bien construit aujourd'hui se transposera sans difficulté dans le modèle de l'État.

03Ce qui était déjà obligatoire pour une mairie

Les règles du Code du travail sur l'évaluation des risques s'appliquent aux collectivités territoriales par le décret n° 85-603 du 10 juin 1985. Concrètement, l'autorité territoriale doit :

Depuis la loi du 2 août 2021, le document unique ne peut plus être « écrasé » à chaque mise à jour : chaque version doit être conservée et datée, pendant au moins quarante ans. La loi prévoit aussi un dépôt dématérialisé sur un portail numérique, dont la mise en place reste attendue.

Dans la fonction publique, le PAPRIPACT du secteur privé s'appelle le programme annuel de prévention. Le plan 2026-2030 suivra d'ailleurs, à côté du taux de DUERP à jour, le taux d'employeurs publics qui disposent d'un tel programme.

04Les nouveautés que l'État demande, une par une

Au-delà de l'objectif 2028, le plan liste ce qu'un document unique de collectivité devra contenir ou permettre de suivre. Les échéances indiquées sont celles des fiches du plan.

Un volet risques psychosociaux identifiable

Les RPS doivent apparaître clairement dans le DUERP et dans le programme de prévention, avec des actions de formation en santé mentale. Échéance : 2027.

Dans Prevatis : une partie « Risques psychosociaux » dans le DUERP et dans son PDF, alimentée par les enquêtes RPS.

Violences, agressions et incivilités

Les données de violences, internes ou venant du public, doivent remonter dans le DUERP. Un cadre commun de signalement est annoncé. Échéance : 2027.

Dans Prevatis : les agents signalent une agression ou une incivilité ; chaque fait est numéroté et compté par unité de travail, et le harcèlement reste confidentiel.

Une évaluation qui distingue femmes et hommes

L'article L4121-3 du Code du travail impose déjà d'évaluer les risques en tenant compte de l'impact différencié de l'exposition selon le sexe. Le plan en fait un objectif suivi. Échéance : 2028.

Chaleur et risques climatiques

Canicules, tempêtes, feux de forêt : agents des espaces verts, de la voirie, des écoles et des cuisines sont en première ligne. Ces risques doivent figurer dans le DUERP ; un groupe de travail national démarre en novembre 2026.

Dans Prevatis : les risques liés à la chaleur figurent dans la liste des dangers proposée pour chaque unité.

Usure professionnelle et reclassement

Repérer les agents exposés longtemps aux mêmes contraintes (port de charges, postures, travail de nuit), organiser des rendez-vous à des moments clés du parcours et rendre le reclassement plus effectif.

Accidents de service et maladies professionnelles

Un guide des procédures et une doctrine commune d'imputabilité sont prévus, ainsi que des indicateurs harmonisés : accidents de service, de trajet, maladies professionnelles, jours d'arrêt. Échéances : 2028-2029.

Dans Prevatis : pour un agent titulaire, plan de l'accident de service (déclaration, délai de décision d'imputabilité, CITIS) et formulaire prérempli ; procédure CPAM pour un contractuel.

Conduites addictives

À évaluer dans le DUERP en lien avec leurs déterminants organisationnels : horaires atypiques, isolement, charge de travail, pots et moments festifs.

Intelligence artificielle

Le plan reconnaît les risques liés au déploiement de l'IA (charge, perte d'autonomie, surveillance). Les mesures seront précisées après la négociation d'un accord-cadre.

Une démarche participative

Le DUERP ne doit pas être un document rédigé seul par un intervenant extérieur : entretiens avec les agents, dialogue professionnel et espaces de discussion sur le travail sont encouragés.

Dans Prevatis : enquêtes anonymes auprès des agents, signalements par QR code, et provenance de chaque risque indiquée dans le PDF.

Des acteurs de prévention consolidés

Assistants et conseillers de prévention, ACFI (environ 600 pour près de 2 millions d'agents territoriaux), formation des encadrants : leur rôle et leur cadre d'intervention seront précisés.

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Prevatis réunit le document unique, le programme annuel de prévention et les registres RSST et RDGI dans un seul outil, avec le vocabulaire de la fonction publique.

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05Les deux registres obligatoires : RSST et RDGI

Le plan annonce des modèles communs pour ces deux registres, souvent oubliés ou tenus sur un cahier rangé dans un bureau. Ils sont pourtant obligatoires dans chaque collectivité.

Registre santé et sécurité au travail (RSST)

Chaque agent, et les usagers, doivent pouvoir y noter une observation ou une suggestion. L'autorité territoriale la vise et y répond. Le futur guide de l'État portera sur l'accessibilité du registre et les délais de réponse.

Dans Prevatis : registre numéroté, ouvert aux agents par QR code sur chaque site, visa et réponse du responsable, export PDF.

Registre de danger grave et imminent (RDGI)

Il trace l'exercice du droit d'alerte et de retrait : date, heure, poste, danger, agents exposés, mesures prises. Il déclenche une enquête, menée de façon contradictoire, et est tenu à disposition de la formation spécialisée.

Dans Prevatis : registre de danger grave et imminent avec enquête, mesures prises, visa et PDF.

Un registre papier pose deux problèmes : personne ne sait où il se trouve sur les sites éloignés (ateliers, écoles, salles de sport), et rien ne relie ses observations au document unique. Or une observation du RSST est souvent le premier signe d'un risque qui doit entrer dans le DUERP.

06Les unités de travail d'une commune

Une commune, même petite, réunit des métiers très différents. Le DUERP doit couvrir chacun d'eux, y compris les agents contractuels, saisonniers et apprentis :

Pour chaque unité, les mêmes questions : quels dangers, qui est exposé, combien de temps, avec quelles protections déjà en place. Les agents qui travaillent seuls ou loin de la mairie (agent technique polyvalent, gardien, agent d'entretien en horaires décalés) méritent une attention particulière.

07Comment s'organiser d'ici le 1er janvier 2028

  1. Faire le point sur l'existant

    Date du dernier DUERP, versions conservées, programme de prévention, état des registres RSST et RDGI. Un document de plus d'un an n'est plus à jour.

  2. Découper la collectivité en unités de travail

    Par service et par site. Une unité regroupe des agents exposés aux mêmes dangers, pas forcément ceux d'un même organigramme.

  3. Associer les agents

    Entretiens, visites sur le terrain, questionnaire RPS anonyme. C'est ce que le plan appelle une démarche participative, et c'est ce qui rend l'évaluation crédible.

  4. Évaluer et coter les risques

    Sans oublier les RPS, les violences et incivilités, la chaleur et les risques liés au travail isolé. Une cotation homogène permet de hiérarchiser.

  5. Bâtir le programme annuel de prévention

    Une action par risque prioritaire, avec un responsable, une échéance et un budget. L'État suivra l'existence de ce programme, pas seulement celle du DUERP.

  6. Présenter, conserver, faire vivre

    Avis de la formation spécialisée du comité social territorial, version datée et conservée, mise à jour annuelle et après chaque accident ou changement important.

Les petites communes ne sont pas seules : les centres de gestion proposent souvent un accompagnement en prévention (conseillers de prévention, ACFI mutualisés), et le Fonds national de prévention de la CNRACL soutient les démarches de prévention des employeurs territoriaux. Renseignez-vous auprès d'eux sur les conditions en vigueur.

08Ce que Prevatis apporte aux collectivités

Un modèle Word, même officiel, ne dit pas quand une action est en retard, ne relie pas une observation du registre au risque concerné et ne garde pas l'historique des versions. C'est l'écart entre « avoir un document » et « faire de la prévention » que le plan cherche à combler.

Prevatis propose un réglage « collectivité » qui adapte le vocabulaire (agent, programme annuel de prévention, formation spécialisée) et réunit :

L'intelligence artificielle aide à proposer des risques d'après le métier ou une photo de poste. Ses propositions restent soumises à validation humaine : l'outil suggère, l'autorité territoriale décide. Les données sont hébergées en France.

Prevatis suivra les modèles de l'État dès leur publication, pour que le document unique de votre collectivité reste conforme au format attendu.

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Prevatis aide les mairies, intercommunalités et centres de gestion à évaluer les risques par service, à suivre le programme annuel de prévention et à tenir les registres RSST et RDGI, avec le vocabulaire de la fonction publique.

09Questions fréquentes

Le DUERP est-il obligatoire pour une petite commune ?

Oui. L'obligation s'applique à toutes les collectivités dès le premier agent, depuis 2001. Seules la fréquence de mise à jour (annuelle à partir de 11 agents) et la forme du programme de prévention (programme annuel à partir de 50 agents, liste d'actions en dessous) varient selon l'effectif.

Que se passe-t-il au 1er janvier 2028 ?

C'est la date à laquelle le plan santé au travail 2026-2030 fixe l'objectif de 100 % d'employeurs publics avec un DUERP établi et actualisé. Le plan ne crée pas de sanction nouvelle, mais l'État suivra cet indicateur, et l'obligation elle-même existe depuis 2001.

Faut-il attendre le modèle de DUERP de l'État ?

Non. Le modèle standardisé n'est pas encore publié et l'évaluation des risques prend plusieurs mois. Un DUERP construit dès maintenant par unité de travail, avec ses risques, ses cotations et ses actions, pourra être repris dans le format de l'État.

Quelle différence entre le PAPRIPACT et le programme annuel de prévention ?

C'est le même document. Le Code du travail parle de programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT) ; dans la fonction publique, on parle le plus souvent de programme annuel de prévention.

Les risques psychosociaux doivent-ils figurer dans le DUERP d'une mairie ?

Oui, ils en font partie depuis l'origine. Le plan 2026-2030 demande en plus qu'ils forment un volet identifiable du DUERP et du programme de prévention, et que les violences et incivilités y soient reprises.

Qui doit être consulté sur le document unique ?

Les agents doivent être associés à l'évaluation, et la formation spécialisée en santé, sécurité et conditions de travail du comité social territorial est consultée sur le document unique et le programme de prévention.

Combien de temps faut-il conserver le DUERP ?

Depuis la loi du 2 août 2021, chaque version du document unique doit être conservée au moins quarante ans. Il ne faut donc plus écraser l'ancienne version lors d'une mise à jour.

Le centre de gestion peut-il faire le DUERP à la place de la commune ?

Il peut accompagner, conseiller et proposer des outils, mais l'autorité territoriale reste responsable de l'évaluation des risques et de la mise en œuvre des mesures de prévention.

Cet article a une vocation d'information et de prévention. Il ne constitue pas une consultation juridique. Pour l'application à votre situation, rapprochez-vous de votre service de prévention et de santé au travail ou d'un conseil qualifié.

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